Publié par : Lynda Dumais | 25 février 2007

Année du cochon, printemps et prospérité

 

Un « Nouvel an » à deux reprises, et dans la même année de calendrier romain, c’est quand même beaucoup pour une personne de mon âge.  La rentrée s’annonce.  Notre bureau, fermé depuis le 15 février, ouvre demain.  Fini le rouge, fini les feux … jusqu’à l’année prochaine.

 

Ornements du Nouvel an chinois

 

Je suis arrivée le 20 janvier à Shanghai.  Il faisait 12 degrés.  Vous me direz que ce jour là, il faisait moins 12 à Montréal et que je ne devrais pas me plaindre.  Le problème c’est que mon superbe appartement de princesse n’avait pas été chauffé depuis décembre.  Il faisait donc 12 degrés dans l’appartement aussi … et il n’y avait pas d’eau chaude.  Savez-vous ce qu’on a le plus envie de faire après seize heures de vol (Mtl-Chicago-Tokyo-Shanghai) ?  Dormir ? Non, au contraire.  Quand on arrive à 21h00, on se sent comme à 9h00 à Montréal; la nuit a été longue mais le temps de dormir est passé.  Alors bon, j’ai fait venir l’administration pour le chauffage et l’eau et je suis partie à la chasse d’eau à boire.  La capacité de se débrouiller tant bien que mal en mandarin sert toujours dans ces situations, surtout quand on vit au milieu de nulle part et que tout y est fermé pour la nuit.  J’ai tout de même trouvé un « dépanneur » pour l’eau et quelques denrées de base (des biscuits).  Le chauffeur de taxi était gentil et n’a pas semblé détecter que je n’avais pas pris de douche depuis Montréal.  Au retour, il y avait de l’eau chaude (pas beaucoup) et les draps froids ont fini par se réchauffer assez pour que je tombe dans les bras de Morphée.

 

Carrefour et l’année du cochon

 

Le lendemain, il fallait trouver un Carrefour (un Provigo français), question de remplir le frigo. Carrefour (http://www.carrefour.com.cn/about/privatee.asp) en chinois, ça se dit Jialefu, c’est-à-dire « Bonheur et prospérité pour la famille ».  J’y ai trouvé ce que j’y trouve toujours, et surtout du fromage; Carrefour, c’est mon commerce préféré en Asie depuis mon séjour en Indonésie en 1998.  En parcourant les allées, j’ai aussi compris que le Nouvel An arrivait.  Le rayon du rouge (soutien gorge, caleçon, combinaison, pyjama, etc) mais aussi (et surtout) les ornements ont attirés mon regard … et mon porte-monnaie. Je me suis payé un ornement magnifique pour 3 $CAN mais pas de soutien gorge (quand même); l’ornement me servira aussi l’an prochain, avec les autres que j’achèterai d’ici là.

 

17 au 20 février 2007

 

La veille du Nouvel an, le 17, je me suis dit qu’il valait mieux me déplacer vers le centre ville pour vraiment sentir la fête.  Réservation Internet au Sofitel et hop, me voilà dans un taxi à destination de l’autre rive.  J’habite dans ce que j’appelle le Laval de Montréal, c’est-à-dire un peu (beaucoup) loin.  Promenade dans les rues bondées et magasinage jusqu’à ce que les commerces ferment vers 18h00.  Puis le calme s’est installé.  Je me suis préparée à un souper de reine et me suis couchée tôt.  23h30, inutile d’essayer, le bruit des feux, partout dans la ville, m’a réveillée.

 

Et le 20, la pétarade recommence.  Des milliers de feux, comme si le Festival des feux d’artifices à Montréal était multiplié par 1000.  Nous sommes au quatrième jour après le jour du Nouvel an.  Ils éclatent à droite, à gauche, devant, derrière, impossible d’y échapper.  Impossible de faire autre chose que d’admirer (je suis au 25e étage).  Durant quelques minutes, j’ai même fermé les lumières.  Honnêtement, je n’appréciais pas mon appartement à sa juste valeur avant ce 20 février.  Mais là c’est fait : les feux sur le Huangpu, c’est magnifique.  Ils sont tellement près, certains juste en bas de la tour où j’habite, que j’ai l’impression que l’édifice en est ébranlé.  Le rouge, le rose, le vert, le blanc … pas de bleu, rien de très sophistiqué mais quand même, il y a une heure que ça dure.   Il est 23h59, la lumière et le bruit commencent à diminuer; Shanghai et ses tours s’effacent dans la fumée.  24h09 : j’imagine les rues couvertes des résidus de feux de Bengale.  Tout aura été nettoyé quand je sortirai demain.  Je me demande s’il y aura encore d’autres feux dans les jours qui viennent.  Je ne sais pas ce qui se passe dans les maisons, mais dans les rues, ce fut vraiment une fête de lumière.  Cela me rappelle d’autres lieux, en d’autres temps, jours de Saint-Jean chez nous.

 

Doux printemps

 

Le 23 février, c’est encore fête en Chine.  Les gens, toujours en congé, se baladent doucement sur la rive, côté Pudong du Huangpu.  La fête du Nouvel an est aussi appelée Fête du printemps : les fleurs seront bientôt là; dans les jardins, les oiseaux roucoulent; l’air est doux.  J’attends ma pizza Margherita sur la terrasse d’un resto italien (eh oui).  Les passants ont l’air heureux, calmes; d’autres s’amusent comme des enfants; certains sont ouvertement amoureux – un tableau inimaginable il n’y a pas si longtemps. La Chine des grands centres urbains change vraiment.  Un immense bateau passe sur la rivière et projette des publicités aux passants des deux rives : Smirnoff, KFC, Cadbury, mais aussi des publicités d’entreprises chinoises, parfois un peu surréalistes.  Le rêve de la consommation.  C’est ici que ça se passe, ça se sent, les Chinois que je vois le vivent; l’optimiste est de ce côté de la planète. Pour le meilleur ou pour le pire, Shanghai est fermement engagée dans le futur.

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