Publié par : Lynda Dumais | 13 octobre 2011

Le ver dans la tête

La chronique de madame Elkouri dans La Presse de samedi dernier, intitulée « Le ver dans dans la pomme » suscite chez moi quelques inquiétudes.  Elle y dit : « Révolutionnaire, Steve Jobs ? Ça dépend bien sûr de quelle révolution on parle. Mais il me semble plus juste de le qualifier d’as du marketing. Le hisser sur un piédestal comme s’il était Gandhi ou un prix Nobel de la paix a quelque chose de profondément troublant. D’autant plus que, dans le concert d’éloges suivant sa mort, on a balayé un peu vite le côté plus sombre d’Apple, le ver qui grugeait la pomme. Le peu d’égards que Steve Jobs semblait avoir, par exemple, pour le bien-être des ouvriers fabriquant ses produits en Chine.»

Peut-on reprocher au PDG d’Apple d’avoir cherché à faire croître son entreprise et à s’enrichir  ? Peut-on reprocher à l’entreprise taïwanaise Foxconn de profiter des conditions locales chinoises en payant ses employés de bas salaires et en offrant des conditions de travail difficiles pour, elle aussi, augmenter ses marges bénéficiaires ? Si la réponse est oui, pourquoi alors ne pas utiliser la seule arme à notre disposition pour que les choses changent : ne pas se laisser prendre par la publicité en achetant, comme la journaliste admet elle-même l’avoir fait, plusieurs des produits d’Apple ?

Je suis de celles qui croient que les consommateurs sont au cœur du problème. Ils demandent et les producteurs produisent pour répondre à cette demande. Eh oui, il y a les méchants gourous, gens de marketing, entrepreneurs et gouvernements. Sur ceux-ci, j’ai bien peu de pouvoir. Mais je sais aussi qu’ils sont tous parties prenantes d’un système dans lequel j’accepte de vivre.  Et puis, honnêtement, voudrais-je être ailleurs, dans un autre système ? Existe-t-il vraiment, ce lieu désincarné où les « méchants » sont vraiment punis ?

Je crois que les Jobs de ce monde nous ouvrent un univers de possibilités. Maintenant, ce que nous faisons de ces possibilités relèvent essentiellement de nous. Par ailleurs, les Jobs de ce monde, comme les Chinois que j’ai rencontré dans les usines en Chine, regardent devant et ont des rêves, peu importe s’il faut vaincre l’hostilité et la misère pour y arriver. Cela me mobilise un peu plus que ce qui se passe ici en ce moment même. Au revoir monsieur Jobs.

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